Avant de devenir le Fornu Vivu, ce four de l’Orneto était appelé four de Maria’ Anto diminutif de Marie-Antoinette Bartolomei, épouse Damiani (1881-1970) qui en a été la dernière utilisatrice. Aujourd’hui c’est sa petite fille, Françoise Antoni, qui en est propriétaire. C’est elle qui a procédé à la « mise à disposition perpétuelle » du four au profit de Petra Viva.
L’association a engagé la restauration complète de l’ouvrage avec Raymond Allari, spécialisé dans la couverture en lauzes, qui s’est attelé avec son équipe dans ce travail. Des matériaux traditionnels comme des poutres en châtaignier et des lauzes du pays (Brando, Pietracorbara et Orezza) ont été utilisés, de même que des ardoises venues d’ailleurs : Argentine, Chine, Inde, Italie et Uruguay. De son côté, Damien Antoni, petit cousin de la propriétaire, a habillé la cheminée du four dans un style à la fois traditionnel et contemporain. Afin d’accentuer l’ouverture vers d’autres contrées, déjà affirmée par la présence d’ardoises de plusieurs nations, il a posé, dans la face est de la cheminée, cinq pierres ramenées de pays des cinq parties du monde en privilégiant les îles: une lave de l’Etna (Sicile) pour l’Europe ; un caillou cristallin de l’îlot de Galine (Tunisie) pour l’Afrique ; une pierre ronde (Haïti) pour l’Amérique ; une pierre rose de Coral Bay (Australie) pour l’Océanie. Enfin l’Asie est représentée par une pierre ramenée du Lac Namtso (Chine) qui culmine à 4 718 m.
La cheminée est coiffée d’une pierre ovale ressemblant à une miche de pain coupée en tranches comme un pain partagé.
A l’intérieur, observez la bouche du four. Elle forme un ovale allongé vers le haut. La voûte, en briques réfractaires, est d’origine. Les briques du « plancher » sont modernes. Le trou dans la grande pierre devant la base du four est un « entonnoir à cendres ». Ces dernières sont évacuées par ce trou dans un seau placé sous la pierre.
Pour balayer les cendres, on utilise un balai en branches de ciste car les feuilles de celui-ci fixent la fine poussière de cendre.
Au-dessus de la bouche du four, la grande pierre plate, tenue par deux pierres en forme d’ergot, fait office de cheminée. Elle canalise la fumée qui sort de la bouche du four pour s’engouffrer dans la cheminée extérieure.
La base de l’édifice a été creusée dans le rocher. L’ouverture généreuse qui donne sur le hameau (on voit d’ailleurs de là un autre four collé à une maison) sert aussi de passe-plats : une belle lauze plate l’habille d’un seul tenant. Un vinaigrier aux feuilles rouge écarlate en automne et aux élégants plumeaux duveteux, pousse devant le four. C’est la note végétale de cet ensemble minéral qui a retrouvé tout son lustre.
Poursuivez, ensuite, votre montée des escaliers jusqu'à leur limite. Là, tournez à droite entre deux maisons, engagez-vous dans le chemin entre une maison et un mur en pierres sèches. Parcourez 50 m. Sur votre gauche, un portail donne accès à un four, entièrement refait , privé et non visitable. Il se trouve sous la maison, dans le jardin.
La maison Sinigaglia (en contre-bas du chemin que vous êtes en train de suivre) compte aussi un four en l'état mais il est situé dans la cuisine et ne se visite pas.
Suivez le chemin puis tournez à droite aux escaliers sous une voûte qui démarrent en contre-bas. Descendez-les. Au sortir des escaliers, suivez alors le chemin qui part sur la gauche. Après 10 m observez un petit bâtiment à moitié ruiné contre lequel pousse un figuier. C'est encore un four, mais en ruine !
Poursuivez le chemin qui quitte le hameau vers le nord. Marchez 100m. A votre droite prenez l'entrée en pente entre deux murs de pierres sèches. Descendez de 5 m. Sur votre droite, vous observerez un four restauré avec sa pierre trouée à la base du four pour évacuer les cendres. C’est un four non pas à pain mais à figues. On l’utilisait pour sécher les figues. En effet, la figue (avec le miel) est un élément à forte teneur en sucre. Il constituait, au XIXème siècle, un dessert de choix. Afin de conserver jusqu’au printemps suivant ce précieux fruit que l’on cueillait en abondance dès le mois d’août, il convenait de le sécher avec précaution. Le séchage au four (on procédait aussi au séchage au soleil) permettait une action rapide et protégeait mieux le fruit qui était ensuite conservé dans des boîtes en fer blanc tapissées de feuilles de laurier.
Reprenez ensuite le chemin vers le village. Quand vous arrivez face à la tour génoise, descendez sur votre gauche afin d'atteindre la placette entourée de maisons. Marchez tout droit. A la hauteur des escaliers sous voûte qui sont à votre droite, tournez vous vers la gauche et faites quelques pas dans le chemin qui descend. Vous verrez une excroissance en abside prolongeant la maison : c'est un four intérieur de belle facture . Les fours privatifs, intégrés dans les maisons sont signes d’aisance sociale car souvent plusieurs familles se partageaient les fours extérieurs, propriétés indivises. Un four intérieur réinsère la production de pain dans « l’unité de production » qu’est aussi une maison avec son pressoir à vin, son moulin à huile ou son rataghju (séchoir à châtaignes).
Reprenez votre circuit en passant par la voûte qui remonte sur la place principale. Tournez à gauche et longez les maisons en direction de la route qui descend au Ponticellu. Dernier four à voir : celui qui est accolé à la maison Casabianca située sur la place au début du hameau (on ne peut voir que l’extérieur du bâtiment). L'ensemble a été fort bien restauré. Observez la cheminée élevée en petites pierres de schiste. Ses deux lauzes bleues posées en accent circonflexe et formant toit ont été finement agencées. Un dernier coup d’oeil à la cheminée du fornu vivu terminera votre voyage au pays des fours à pain.

Four 1 |
Four 2 |
 Four 3 en ruine |
Four 4 |

Four 5 |

Four 6 |
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