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| Boîte aux lettres : à 108 ans Petra Viva lui refait une beauté ! |
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C’est l’histoire d’une boîte aux lettres « oubliée » contre un mur d’une maison particulière, celle, en l’occurrence, de Bernard Debret, le Président de Petra Viva
Cette boîte aux lettres n’est autre que la doyenne, toutes catégories, des boîtes aux lettres de la Poste française. Elle a été installée en 1900 ou 1901, en application d’une circulaire de la même année signée par Léon, sous-secrétaire d’Etat aux Postes et Télécommunications, qui prend conscience de la nécessité de protéger le courrier de possibles dégradations. A cette époque, en effet, les boîtes sont en bois et peu solides. |
Léon Mougeot décide de faire fabriquer des boîtes en fonte. Pour ce faire, il confie au fondeur Delachanal, à Paris, le soin de concevoir et fabriquer une boîte d’un nouveau type : solide et esthétique. Françoise Zannese, spécialiste de l’inventaire topographique, décrit ainsi ce produit de l’art nouveau : « Boîte aux lettres en fonte, partiellement encastrée dans le mur d’un logis. Le dessus de la boîte a une forme de toit en pavillon et le dessous a la forme d’un culot. Deux fiches à chapelets situées sur la droite permettent d’ouvrir la porte dotée d’une serrure où trois perforations laissent apparaître des informations modifiables portées en caractère noirs sur disques rotatifs émaillés blancs. L’ouverture pour glisser le courrier est protégée par un abattant ».
Dès 1900, la vague des Mougeottes déferle jusqu’en Corse où l’on en trouve encore quelques unes dans les hameaux les plus reculés à Brando, par exemple, où il en existe une à Castello et une autre à Silgaghja.
A Pietracorbara, sur les trois Mougeottes posées entre 1900 et 1905, deux ont été remplacées par la Poste dans les années 80. La dernière a été laissée intacte au hameau du Ponticellu. Elle paraît comme scellée contre le mur de la maison Damiani-Debret. C’est sans doute pour cela qu’elle n’a jamais été retirée. Elle est encore en service et est relevée tous les jours par Georges Felce, le facteur du village.C’est cette boîte aux lettres historique que Petra Viva a restaurée.
« C’est l’une des missions de notre association, explique Bernard Debret, le président de Petra Viva, que de restaurer et remettre à l’honneur le patrimoine matériel et immatériel de notre vallée. Nous sommes intervenus sur les ponts génois, les fontaines, un moulin devenu le « mulinu vivu », alors pourquoi pas sur une boîte aux lettres en tout point remarquable qui avait besoin d’un bon décapage et de deux couches de peinture jaune fourni par… la Poste.»
Celle-ci a joué le jeu : Pierre Morandini, Directeur du courrier en Haute-Corse a fait fournir à Petra Viva la peinture nécessaire pour redonner une seconde jeunesse à l’auguste boîte. |


Georges Felce, le facteur de Pietracorbara et Bernard Debret, Président de Petra Viva, devant la boîte en cours de restauration
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La voilà plus fringante que jamais. A 108 ans elle a subi un lifting remarqué :décapage thermique et chimique, brosse de fer et huile de coude ! De quoi faire des miracles et rendre une seconde jeunesse à la belle endormie derrière son massif d’hortensias.
L’association Petra Viva souhaite obtenir le classement de l’objet à l’inventaire des monuments historiques. Car la « Mougeotte » est menacée de partir à la casse : elle ne correspond plus aux normes actuelles mais elle a tellement plus de charme que les boîtes jaunes actuelles ! Et puis, après son coup de jeune, elle est repartie pour une nouvelle saison de 100 ans.
Longue vie à la Mougeotte et souhaitons lui de porter bonheur à tous ceux qui déposent encore, dans son ventre de fonte, des lettres d’amour ! |
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